© Marie Gory

Guide complet des phares bretons

Regroupant plus d’un tiers des phares français, les côtes bretonnes possèdent un riche patrimoine maritime. Comment passer à côté de ces géants des mers, véritables prouesses de l’homme, prêts à braver les tempêtes et guider les marins coûte que coûte. Embarquez à bord de notre croisière à destination du guide complet des phares bretons !

Top 50 : le guide complet des phares bretons

 

1. Phare de l’Ile Vierge : le géant de granit

Ne vous laissez pas décourager par les 365 marches à gravir. Certes, l’escalier en spirale a de quoi donner le tournis, mais une chose est sûre : vous ne regretterez pas d’arriver au sommet. Du haut de ses 82,5m, le plus haut phare d’Europe vous offre un panorama à couper le souffle !

2. Phare de St Mathieu : un témoin de l’histoire

Le phare de Saint-Mathieu a été érigé en 1835 dans l’enceinte d’une ancienne abbaye du XIe siècle. A l’époque, les moines allumaient un feu en haut d’une tour pour indiquer aux marins l’entrée dans le goulet de Brest. Il est agréable de déambuler sur le site, s’imprégnant de l’histoire des lieux tout en jouissant d’une magnifique vue dégagée sur la mer d’Iroise.

3. Phare du Petit-Minou : le photogénique

Construit à terre, sur la pointe du même nom, le phare du Petit-Minou permet de sécuriser l’entrée de la rade de Brest. Il n’est pas ouvert au public mais son emplacement vaut le détour : l’ambiance y est particulière à chaque heure de la journée.

4. Phare de Bodic : l’atypique

Détruit en 1944 sous l’occupation allemande, le phare initial a été reconstruit de manière… atypique ! Véritable attraction de la commune de Lézardrieux, ce bâtiment fait office d’ovni dans le milieu des phares et balises. En effet, la tour cylindrique du phare est encastrée dans un mur de façade : du jamais-vu. Si le temps est à l’orage, l’édifice peut vaguement prendre des airs de fusée sur le point de décoller. De quoi rendre notre guide complet des phares bretons intergalactique.

5. Phare d’Eckmühl : l’incontournable

Classé Monument Historique, cette sentinelle de 60m de haut est l’un des édifices les plus visités du Finistère. Pourquoi ? Montez jusqu’au sommet et vous le comprendrez bien assez vite : sa vue est imprenable sur l’archipel des Glénan et l’île de Sein !

6. Phare de Créac’h : le plus puissant

L’île d’Ouessant comptabilise 5 phares, dont celui du Créac’h. Ils balisent l’une des routes maritimes les plus fréquentées du globe, de l’Atlantique nord à la Manche. Ce dernier, d’une portée de 59 km, est l’un des plus puissants au monde. Il ne se visite malheureusement pas, mais le célèbre Musée des Phares et Balises situé à ses pieds vaut cependant largement le détour !

7. Phare de Men Ruz : en toute harmonie

Haut lieu touristique des Côtes d’Armor, Ploumanac’h est situé au coeur de la côte de granit rose. Cette station balnéaire est célèbre pour ses imposants blocs de pierre sculptés par la mer et le vent. Le phare, lui même bâti en granit rose, trône ainsi en parfaite harmonie avec son environnement. Ne loupez surtout pas le spectacle offert au coucher de soleil, lorsque ce somptueux décor se teinte d’orange et resplendit de mille feux !

8. Phare des Sept-Îles : au sein d’une réserve naturelle

Escale imposée dans notre croisière : l’archipel des Sept-Îles, à ne manquer sous aucun prétexte ! Fraîchement débarqués sur l’île aux Moines, seule île accessible, vous avez carte blanche pour explorer les lieux. Vous pouvez y découvrir le phare ainsi que les ruines d’un ancien fort, symbole de lutte contre la piraterie et la contrebande sévissant à l’époque. Mais l’intérêt de cette escale ne s’arrête pas là car vous êtes au beau milieu d’une réserve ornithologique. Comment ne pas être ébahi devant les nombreuses colonies d’oiseaux ayant élu domicile sur cette incroyable terre préservée ? Fous de bassan, macareux moine, pingouins torda : cette escale ravira à coup sûr petits et grands !

9. Phare de l’Île Tristan : le malvenu

Accessible à pied uniquement à marée basse et avec des coefficients favorables, l’île offre une superbe vue sur la Baie de Douarnenez. Lorsque la décision d’y édifier un phare est prise en 1854, le propriétaire de l’île et maire de Douarnenez Gustave de Penanros, s’y oppose fermement. Ce dernier, empêchant le débarquement des matériaux nécessaires à la construction, contraint l’ingénieur du chantier à déjouer ses caprices : une carrière est alors ouverte sur l’île et le phare est érigé trois ans plus tard. Avec notre guide complet des phares bretons, on apprend en explorant.

10. Phare de Kéréon : le dernier « enfer »

Kéréon est le dernier phare où les relèves s’effectuaient par ballon : un filin tendu entre la plate-forme du phare et le bateau permettait au gardien de descendre sur un siège jusqu’à la vedette, et inversement… Lorsque le temps le permettait ! En effet, il était fréquent que la relève soit annulée à cause du mauvais temps. Et cela pouvait durer : en 1922, les trois gardiens du phare d’Ar-Men sont restés 89 jours sans être ravitaillés. L’ultime relève date de 2005, après l’automatisation du phare.

Les phares étaient classés en trois catégories :

« Paradis » pour les phares se trouvant sur la terre ferme, « Purgatoire » pour les phares insulaires et « Enfer » pour ceux de pleine mer.

11. Phare de Lanvaon : porte d’entrée de l’Aber-Wrac’h

Oui, cette grande tour érigée au beau milieu des champs est bien un phare ! Elle succède à un fanal blanc et fixe, situé dans le clocher de l’église de Plouguerneau. Les conditions météorologiques ayant tendance à réduire la portée du signal, l’édification d’un phare en 1869 devient inéluctable. Dans les années 1980, les ingénieurs décident de peindre le haut de la tour en rouge afin de la rendre mieux repérable de jour depuis la mer.

12. Phare de Penfret : la sentinelle des Glénan

L’archipel des Glénan est une zone particulièrement redoutée par les navigateurs en raison de la présence de nombreux écueils. Longtemps attendu par les marins en quête d’une meilleure sécurité, il faut attendre 1836 pour voir l’apparition d’un phare au sein des Glénan : il s’agit à l’époque du premier feu entre Penmarc’h et la Loire.

13. Phare de l’Île-aux-Moutons : après l’enfer, le paradis

La construction du phare est entreprise en 1877 sur une petite île au large de Concarneau, entre Bénodet et les Glénan. L’activité de la pêche et du commerce prennent de l’ampleur dans l’archipel et le trafic local s’accentue : la nécessité d’un balisage dans cette zone est cruciale. Cette île est devenue célèbre depuis son occupation, dès 1905, par la famille Quéméré et ses quatre enfants, après cinq années passées au phare maudit de Tévennec au large de la Pointe du Van.

14. La Tourelle des Perdrix : unique en son genre

Situé à l’entrée des ports de Loctudy et de l’Île-Tudy, cette tourelle porte la particularité unique d’être peinte en damiers noirs et blancs. Malheureusement remplacée par des balises vertes et rouges plus efficaces, elle se voit menacée de destruction en 2000. Devant le refus des Île-Tudistes et Loctudistes ainsi que des élus, l’édifice est finalement conservé.

15. Phare de Langoz : en rouge et blanc

Le phare de Langoz indique l’entrée de la rivière de Pont-l’Abbé et signale un amas rocheux important. A l’époque, Loctudy est le seul port du pays Bigouden dans lequel les bateaux à fort tirant d’eau peuvent accoster. L’augmentation de la circulation maritime locale et internationale provoque inévitablement un accroissement du nombre de naufrages. Une signalisation côtière adaptée s’avère essentielle : l’édifice est ainsi érigé en 1863.

16. Phare du Toulinguet : l’observatoire

Construit en 1848, l’édifice trône en terrain militaire sur la pointe du Toulinguet, à l’extrémité de la presqu’île de Crozon. Il s’agit là d’un des lieux les plus fascinants de Bretagne tant les paysages sont grandioses ! Impossible de manquer la pointe de Pen-Hir et ses fameux Tas de Pois : un point de vue impressionnant sur les immenses falaises calcaires assaillies par les flots, et qui par beau temps nous laisse apercevoir le Cap de la Chèvre, le Cap Sizun et la pointe du Raz vers le sud, mais aussi la pointe St Mathieu, Ouessant et Molène vers le nord.

17. Phare de Bénodet : plein feux sur l’Odet

Bénodet possède deux phares ayant pour mission de signaler l’embouchure de l’Odet aux marins. D’une hauteur de 48 mètres, le nom du phare de la Pyramide provient d’une pyramide de pierres utilisée initialement comme balisage, en alignement avec un rocher en forme de coq. Ce dernier est l’emplacement de l’actuel phare du Coq.

18. Phare de Pontusval : le plus pittoresque

Perchée en haut d’une falaise imbriquée dans les amas rocheux et surplombant une plage de sable blanc, cette maison-phare vous offre là un décor de rêve ! Inscrit aux Monuments Historiques, le phare situé sur un site privé ne se visite pas. Impossible toutefois de ne pas être éblouis par le paysage qui s’offre à vous. On comprend aisément pourquoi le phare est souvent qualifié de « paradis des photographes ».

19. Phare de l’Île Noire : source d’inspiration

Aligné avec le phare de la Lande, le bâtiment indique la route du grand chenal permettant d’accéder à Morlaix. Cette tour carrée, blottie sur un îlot presque entièrement submergé à marée haute, a pour voisins le château du Taureau et l’île Louët. Le phare aurait inspiré Hergé, le créateur de la bande dessinée « Les Aventures de Tintin » dans le septième album « L’Île Noire », lors de son séjour à Locquénolé.

20. Phare de la Lande : un amer sur terre

Suite à un recensement effectué par un corsaire de Morlaix, Charles Cornic du Chesne, vingt-cinq naufrages sont dénombrés entre 1744 et 1775 en Baie de Morlaix. Après avoir relayé ces informations auprès de la Marine, la construction d’une signalisation maritime est acceptée : une tour-amer voit le jour en 1775. Situé sur les hauteurs de Carantec en fond de rade de Morlaix, le phare de la Lande fait figure de « Paradis » chez les gardiens de phare. Il s’agit certes d’un emplacement privilégié, mais son rôle reste tout aussi important que ses compères de pleine mer.

« Qui voit Ouessant voit son sang,

Qui voit Molène voit sa peine,

Qui voit Sein voit sa fin,

Qui voit Groix voit sa croix. » – Proverbe breton

21. Phare du Grand Léjon : un signal visuel et sonore

Construite en deux temps, cette tour tronconique blanche et rouge indique l’entrée de la Baie de St Brieuc. Le système lumineux étant inefficace par temps de brume, les marins ont longtemps réclamé un système sonore indiquant la proximité des terres. Ils obtiennent enfin gain de cause en 1888 : le phare est équipé d’une cloche à vagues.

22. Phare du Rosédo : et son indissociable jumeau

Érigé en 1860 à la pointe ouest de Bréhat, le phare du Rosédo est aligné avec son jumeau, le phare du Paon, situé lui à l’extrémité nord de l’île. Malheureusement, en 1944 ces deux frères subissent le même sort que les 170 autres phares détruits par les Allemands le long du littoral français. Celui du Rosédo sera tout de même reconstruit sur le modèle des plans d’origine, contrairement à son jumeau qui ne se résume aujourd’hui qu’à une simple tourelle.

23. Phare du Portzic : en terrain militaire

Le phare du Portzic a été construit sur demande de la Marine afin de sécuriser l’entrée du goulet de Brest. Situé face à la Pointe des Espagnols, il a été bâti en 1848 en même temps que celui du Petit-Minou. Il s’aligne avec ce dernier pour tracer la voie la plus sûre pour les navires désirant se rendre au port de Brest.

24. Phare de l’Île de Sein : le moderne

La construction de ce phare engendra tout d’abord de la réticence chez locaux qui ne voulaient pas voir d’étrangers débarquer sur l’île, mais également parce que les naufrages survenant aux abords du Raz de Sein étaient la principale ressource de l’île. La menace d’un débarquement armé apaisa toute tension et le chantier débuta alors. Démoli par les allemands en 1944, il fut reconstruit sept ans plus tard. Dans son enceinte se trouvent une centrale électrique alimentant l’île entière, ainsi qu’une station de désalinisation d’eau de mer.

25. Phare de Nividic : au bout du monde

Situé sur la pointe ouest de Ouessant, il s’agit du phare le plus à l’ouest de la France métropolitaine. De quoi en perdre le nord ! C’est le premier édifice en mer construit de manière à fonctionner sans l’aide d’un gardien en permanence. Un câble électrique de 800m relie la terre et le phare de manière à l’alimenter. Un chantier qui dura 24 ans !

26. Phare du Four : l’intrépide

La légende raconte que des habitants du pays du Léon allumaient volontairement des feux sur le littoral afin de tromper les navires et les dérouter vers les rochers. En effet, le « droit de bris » est un bien précieux : la propriété de la cargaison du navire revient au seigneur des terres sur laquelle l’épave s’échoue. Il est vrai que le chenal du Four est un raccourci utile mais particulièrement dangereux, témoin de multiples naufrages jusqu’à la construction du phare en 1869. Situé sur un écueil au coeur d’un bouillonnement permanent et de courants ravageurs, l’accostage périlleux freine l’avancement du chantier. Finalement mis en service en 1874, il est réputé comme étant un « enfer » pour ses gardiens, cerné par jour de tempête de monstrueuses déferlantes bien plus hautes que lui.

27. Phare des Pierres Noires : la forteresse

Situé au large de la pointe St Mathieu, le phare des Pierres Noires a été bâti dans les années 1870 d’après le modèle des forteresses médiévales. Le diamètre de sa base a été doublé de manière à ce qu’il résiste aux conditions extrêmes dues à son emplacement. Par souci de visibilité, il est peint en rouge quelques décennies plus tard.

28. Phare de Tévennec : le plus flippant

Support de légendes inépuisables, les récits autour du phare de Tévennec ont de quoi donner la chair de poule ! Cette petite maison-phare, en pleine furie des éléments, est le témoin de multiples phénomènes inexpliqués. Un des gardiens évoquera les voix de marins morts qui résonnent dans la maison, un autre deviendra fou, d’autres auraient été emportés en mer. En trente-cinq ans, pas moins de vingt-trois gardiens aguerris s’y sont succédé : un record ! Tous s’accordent sur la même conclusion, la solitude y est insupportable !

29. Phare de la Teignouse : une mission difficile à remplir

Son alignement avec le phare de Port-Navalo trace une route d’accès au Golfe du Morbihan. Celle-ci s’avère aujourd’hui bien connue mais elle n’a pas toujours été sans risque. En effet, en 1922, la Baie de Quiberon est témoin d’un impressionnant naufrage : le cuirassé Le France de la marine nationale heurte un rocher profondément immergé et non cartographié. Le navire de 166m sombre ainsi en quelques heures.

30. Phare de Port-Navalo : le chanceux

Considéré comme secondaire par les Allemands, le phare de Port-Navalo est abandonné durant l’Occupation. Le sort de ce dernier reste incertain : son optique est démontée en 1942 et il est promis à un dynamitage. C’est l’ingénieur Le Net qui le sauvera de justesse de la démolition en mettant en avant le rôle salvateur de ces édifices.

« Les phares n’appartiennent à personne car ils servent à épargner les vies des marins de toutes les nations et celles de leurs passagers. »

31. Phare du Stiff : le doyen

Situé sur l’île d’Ouessant, l’édifice construit en 1695 à l’initiative de Vauban est le plus ancien des phares bretons. Il se compose de deux tours : une portant la lanterne, l’autre les escaliers. Automatisé depuis 1993, il aura tout de même le droit à une belle rénovation au début du XXè siècle, de quoi « péter le feu ».

32. Phare de l’Île de Batz : longtemps attendu

Voilà plus de 16 ans que la marine marchande demandait un balisage en baie de Morlaix. Afin de réduire le temps et les coûts des travaux, l’édification de ce phare provient des plans du polytechnicien Fresnel, véritable référence à l’époque dans ce domaine. Cette sentinelle tient naturellement une ressemblance frappante avec les phares de Penmarc’h, Belle-Île ou encore Sein.

33. Phare de Fréhel : le triomphant

Si l’imposant édifice semble aujourd’hui trôner fièrement sur le Cap Fréhel, il n’en a pas toujours été de la sorte. Il succède en effet à deux tours. La première, implantée en 1702 suite à la visite de Vauban le long des côtes bretonnes, permet de prévenir les attaques de la flotte anglaise. La deuxième, implantée en 1845, est plus haute et plus performante permettant ainsi de supporter une optique de Fresnel. N’hésitez pas à pousser la balade un peu plus loin jusqu’au fort La Latte. Cette visite vaut le détour autant par son histoire que par le panorama qui vous est offert, en plein coeur d’une réserve ornithologique !

34. Phare de Kerdonis : et l’acte héroïque de sa gardienne

Nous sommes le 18 avril 1911, le gardien Désiré Matelot vit dans cette maison-phare avec sa femme et ses enfants. Cette nuit là, alors que la tempête fait rage à l’extérieur, il décide de nettoyer la lentille du phare, démontant partiellement le mécanisme. Affairé à l’entretien de l’optique, Désiré est en proie à un malaise et meurt subitement, laissant derrière lui sa famille et la lourde tâche de maintenir le phare allumé. Ils font alors preuve d’un immense courage : malgré le drame qui vient de se produire et l’impossibilité de joindre les secours, ils se relaieront pendant plus de neuf heures pour assurer manuellement la rotation de la lanterne et probablement sauver les vies des marins naviguant aux alentours de Belle-Île-en-Mer.

35. Phare du Goulphar : l’imposant

Du haut de ses 52m, cette sentinelle toise non seulement la commune de Bangor, mais Belle-Île toute entière. Chef d’oeuvre architectural signé Auguste Fresnel, la partie la plus complexe du chantier fût certainement l’acheminement par bateau des centaines de tonnes de granit qui composent sa structure. Si les 247 marches menant à son balcon ne vous effraient pas, le phare du Goulphar vous offre une vue dégagée sur l’île de Groix et Lorient.

36. Phare des Poulains : en terre sauvage

Construit sur le modèle classique de maison-phare, le phare des Poulains illumine l’extrémité nord-ouest de Belle-Ile-en-Mer. Situé sur un îlot accessible à marée basse, il n’est pas visitable mais se laisse néanmoins approcher par intermittence. Ici ce n’est pas tant l’édifice qui impressionne mais bel et bien son emplacement soumis aux éléments naturels. Il n’est pas rare de sentir sous ses pieds les puissantes vibrations des flots qui s’engouffrent dans les failles de cette côte escarpée.

37. Phare de la Pierre-de-Herpin : au large de Cancale

Situé au large de la pointe du Grouin, il indique l’entrée de la baie du Mont Saint-Michel. Mis en service en 1882, l’édifice compte cinq étages, lui permettant de résister sereinement à la houle. Une corne de brume est néanmoins installée quelques années plus tard pour plus de sécurité.

38. Phare des Bas-Sablons : un  manque de visibilité

Il s’agit d’un des quatre phares du port de Saint-Malo. D’une hauteur de 8m, la tour carrée construite en 1868 est équipée d’un feu catoptrique. Il s’agit d’un système qui permet de réfléchir un faisceau lumineux dans la direction du flux lumineux entrant, quel que soit l’angle d’incidence. L’expansion de la ville et de ses lumières rendent néanmoins le signal de la tour originelle invisible. Elle est alors rehaussée de quelques mètres et équipée d’un feu directionnel fixe vert.

39. Phare du Grand Jardin : témoin d’un terrible naufrage

L’événement le plus tragique connu par ce phare est sans aucun doute le naufrage du Hilda, un vapeur provenant d’Angleterre et à destination de Saint-Malo. Dans la soirée du 18 novembre 1905, le navire s’écorche sur des rochers non loin du phare. Feux de détresse, sifflets, explosion des machines : les gardiens ne voient rien et n’entendent rien. Ils découvrent l’épave au petit matin ainsi que 6 rescapés. Victimes d’une eau glacée, les 125 autres occupants ne passeront pas la nuit.

40. Phare de Rochebonne : une économie assumée

Initialement allumé d’un feu à huile, sa proximité avec le réseau électrique de Saint-Malo permet au phare de Rochebonne d’être rapidement électrifié. C’est un atout économique car la présence permanente d’un gardien classé n’est pas nécessaire. L’édifice est construit sur le modèle d’une tour attenant une habitation occupée.

« N’oublions pas que, de tout temps, les phares doivent rester le plus économique possible. »

41. Phare de Triagoz : un chef d’oeuvre

Le phare de Triagoz se résume en une tour carrée en granit rose de Ploumanac’h et en pierres de granit bleu de l’île Grande. Qu’on l’observe de la mer ou de la côte, la prestance dégagée par ce bâtiment est frappante. Depuis 2017, il trône un peu plus fièrement dans le paysage avec son entrée aux monuments historiques. Il s’agit là d’un bel hommage à ses ingénieurs qui le voulaient esthétique avant tout.

42. Phare de Pen-Men : le pouvoir de la gratitude

L’édification d’un premier phare sur l’Île de Groix est entamée en 1798. Les travaux sont stoppés nets car la foudre s’abat sur le chantier. Le bâtiment actuel, modèle classique de maison-phare, le remplace en 1839. Situé sur la côte sud de l’île, il trône respectueusement au sein d’une réserve naturelle végétale et ornithologique. Une raison de plus de se balader sur ce magnifique îlot de terre préservé !

43. Phare des Birvideaux : avec beaucoup de détermination

Plusieurs solutions sont avancées dans les années 1880 pour sécuriser  le plateau des Birvideaux entre Belle-Île, Groix et Quiberon. Il est un temps question d’utiliser des bouées, mais celles-ci chassent et se révèlent invisibles par temps de houle. On parle alors de l’installation d’une balise métallique : le forage débute en août 1880 mais une tempête ravage le chantier trois semaines plus tard. L’ancrage d’une bouée plus fiable que les précédentes ne semble pas plus efficace. Après autant de tentatives infructueuses, le choix se porte finalement sur une tour en maçonnerie de 30m surmontée d’un feu, ce qui n’enlève rien au charme de ce guide complet des phares bretons. Cette dernière est allumée en 1934, au terme d’un chantier de 54 ans.

44. Phare des Roches-Douvres : le majestueux

Constitué d’une tour métallique préfabriquée, le phare d’origine est détruit sous l’occupation en 1944. L’ingénieur chargé de reconstruire le phare des Roches-Douvres souhaite un ouvrage en granit rose dont « la majesté devrait en faire l’un des plus importants parmi les phares du monde entier ». Le défi est de taille : l’éloignement du plateau rocheux et la décision d’utiliser du granit ne facilitent pas la reconstruction du phare qui nécessite de nombreux accostages difficiles par vedettes. En 1951, le bâtiment principal est fini et peut enfin loger le personnel. Il offre un cadre de vie agréable pour les gardiens qui ont connu l’austérité du phare métallique. Le 1er juillet 1954 marque l’achèvement des travaux ainsi que la fin de la reconstruction de 135 phares détruits pendant la Seconde Guerre Mondiale.

45. Phare des Héaux de Bréhat : l’équilibriste

L’édification de ce phare n’est pas une mince affaire : la tâche consiste à construire un phare sur les récifs des Épées de Tréguier, un plateau rocheux encerclé de courants violents et de puissantes vagues. Plusieurs entrepreneurs résilient leur contrat devant la dangerosité des travaux. La mission est alors confiée à un jeune ingénieur audacieux, Léonce Reynaud, décidé à mener à bien le projet. Les conditions de travail sont éprouvantes et poussent les ouvriers à entamer des grèves à plusieurs reprises. L’administration finira d’ailleurs par leur verser des primes pour les persuader de terminer l’ouvrage.

46. Phare de Kermorvan : le rescapé

Ce phare fait figure de rescapé suite à l’occupation allemande lors de la Seconde Guerre Mondiale. En effet, en 1944 les Allemands détruisent les éclairages des côtes françaises pour se prémunir d’une approche alliée. L’ingénieur Wiedermann propose de démonter les systèmes d’éclairage afin de les conserver : de nombreux phares seront ainsi épargnés.

47. Phare de la Jument : un défi technique

Reposant sur une roche émergeant d’à peine un mètre à marée basse, le défi d’y construire un phare est de taille ! Outre la prouesse technique, la construction de l’édifice repose sur le fruit d’un legs dont la date limite est de 7 ans. Malgré toutes ces contraintes, le phare sera allumé dans les temps. Il montre néanmoins quelques signes de faiblesse à chaque tempête, secoué par les vents et balayé par les vagues.

48. Phare de la Vieille : d’une nécessité absolue

Courants violents, mer déferlante, nombreux rochers : les alentours de la pointe du Raz et la Baie d’Audierne sont les témoins de maints naufrages. Le raz de Sein étant la route maritime la plus courte et la plus sûre pour les navires circulant entre l’Atlantique et la Manche, la présence de balisage était indéniable.

49. Phare de Trézien : l’explosif

Il s’en est fallu de peu pour que ce phare n’échappe à une destruction certaine en 1944 ! Tandis que l’occupant allemand détruit nombre de ces édifices, le phare de Trézien sort lui victorieux de la bataille : il se dit qu’un obus est enfoui au pied du phare. Si le doute persiste encore aujourd’hui, il n’en reste pas moins un atout dans la commune de Plouarzel, de par cette anecdote et son très beau panorama au sommet.

50. Phare d’Ar-Men : grand gagnant du guide complet des phares bretons

Qui n’a jamais vu de photos du mythique phare d’Ar-Men, tourmenté par les rafales de vent et toisé par les vagues ? Vitres de lanterne brisées, portes enfoncées par les lames meurtrières, murs vibrants au cœur de la tempête : on comprend aisément le surnom donné par ses gardiens successifs, le qualifiant de « l’enfer des enfers » ! La construction définitive de cette sentinelle a demandé trente-quatre années, due à son éloignement de la côte bretonne et à son emplacement presque inaccessible. C’est donc naturellement que lui revient la première marche du podium de ce guide complet des phares bretons.

La Bretagne, indéniable terre du « phare ouest » !

Qu’ils se situent sur le littoral ou en pleine mer, ces sentinelles restent incontournables le long des côtes bretonnes. Remarquables prouesses pour certains, véritables enfers pour d’autres, ils ont tous une histoire à raconter, souvent agrémentée de légendes ou de tragédies. Néanmoins, leur rôle de guides des marins reste incontestable : ils sont une lueur d’espoir les jours de tempête ! Après ce guide complet des phares bretons, vous n’allez tout de même pas vous arrêter en si bonne route ? Si un road-trip en van aménagé vous tente, nous nous occupons de tout.

À propos de Marie

Vivant d'amour et de beurre salé, Marie est une exploratrice dans l'âme. Mais même après avoir vogué aux quatre coins du monde, c'est à la Bretagne que son cœur reste ancré. Appareil photo en main, cela fait 25 ans qu'elle attend de voir les menhirs danser...