© CRTB / Simon Bourcier

La prononciation des lettres en breton

Si la prononciation des lettres en breton est plus ou moins la même qu’en français, il subsiste quelques rebelles. En effet, quelques lettres, ou groupes de lettres, se prononcent de manière très différente. Port d’Attache vous liste donc, à travers un article concis mais complet, ces signes qui vous permettront de ne plus vous tromper.

La prononciation des lettres en breton

En dehors de toutes les lettres comme le B, le F, le M ou le T, l’alphabet breton diffère un petit peu au niveau de la prononciation. Parfois peu commodes, certains groupes de lettres demandent un peu d’entraînement. Le parlé breton est très particulier, et riche en subtilités. Pas de panique, tout s’apprend !

Prononciation des sons « voyelles »

  • : se prononce comme un « an » français classique. On pourrait en effet croire qu’il s’agit d’un « an-gn » mais pas du tout. Prononcez-le comme dans « maman ».
    Exemple : hudañ [hou-dan] (ensorceler) ou le fameux Fañch [fan-che] (François)
  • e : dans la très grande majorité des mots, le e breton est un « é ».
    Exemple : degemer [dé-gué-mér] (accueil)
  • : le français aurait tendance à prononcer ce groupe « ègn », et pourtant, il faut y voir le son « in » comme dans le mot « lapin ».
    Exemple : peñsad [pin-sad] (fessée)
  • euñ : ce trio de lettres se prononce comme le un de « brun » ou de « lundi ».
    Exemple : bleuñvek [blin-vek] (fleri)
  • [i]lh : souvent avec la lettre I, « lh » se prononce comme dans « quille ». Une sorte de L mouillé à l’espagnole. Le i ne se prononce que lorsqu’il est seule voyelle.
    Exemple : kilhog [ki-yok] (coq) ou meilher [mé-yér] (meunier)
  • : d’après les ouvrages sur la prononciation des lettres bretonnes, le « iñ » est un i nasalisé. Lorsqu’il est en fin de mot, il peut tout à fait être prononcé comme un « i » normal.
    Exemple : debriñ [dé-bri] ou [dé-bri’n] (manger)
  • : le « oñ » se prononce comme le « on » de « bonbon », un o complètement nasalisé.
    Exemple : groñj [gron-je] (menton)
  • : un peu comme « euñ », ce groupe de lettres est prononcé « un ». Peut-être un peu plus fermé, ceci dit.
    Exemple : huñvre [h-un-vre] (rêve)

Prononciation des lettres en breton, les sons « consonnes »

  • g : immanquablement, le « g » en breton se prononce comme s’il y avait un « u » après.
    Exemple : genou [gué-nou] (bouche)
  • gn : il s’agit du même son que pour « montagne ».
    Exemple : mignon [mi-gnon’] (ami)
  • c’h : il se prononce comme la jota espagnole ou le R guttural allemand. Cependant, certaines régions peuvent prononcer le c’h breton autrement.
    Exemple : moliac’h [mo-li-arr] (prodige)
  • s : petits, nous avons tous appris qu’un « s » entre deux voyelles sonnait « z ». Et bien en breton, ce n’est pas le cas. Au contraire, le « s » sera toujours prononcé comme dans « serpent ».
    Exemple : pilpasañ [pil-pa-zan] (piétiner)
  • sh : contre tout attente, encore, le « sh » de prononce comme un S seul. Sauf dans le sud-est, où il se confond avec le « c’h ».
    Exemple : gwashoc’h [gou-a-sorr] (pire, plus mauvais)
  • w : se prononce comme le « ou » de ouate, quand il est dans le mot. Sinon, il se prononce comme un V classique quand il est en début de mot.
    Exemple : gwast [gou-ast] (gaspillage) ou war-sav [var-sao] (debout)
  • zh : prononcé comme un simple Z, le son « zh » est cependant prononcé comme « c’h » dans le sud-est de la Bretagne.
    Exemple : brezhoneg [bré-zo-nek] (breton)

Prononciation des lettres en breton et le Ñ

On pourrait tout à fait croire, de but en blanc, que le ñ (dites « n tilde ») ouvre la prononciation de la lettre dans un groupe. Comme en espagnol, par exemple, quand le n devient « gne ». Or, quand on se fie aux exemples de prononciation ci-dessus, c’est tout à fait le contraire. Qu’il s’agisse de « añ » , « eñ » , «  » ou encore «  » , le ñ ferme le son. En effet, tout porte à croire que ce sont des sons comme dans âne, haine, fine, ou Simone. Au contraire, nous parlons ici de flan, dent, fin ou Simon. Les sons -ane, -ene, -ine, ou -one se retrouvent dans l’écriture « an », « en », « in », ou « on », tout simplement.

Le V : lettre dotée d’exceptions

La prononciation des lettres, en breton, est dotée de très nombreuses exceptions. Parfois, elles proviennent simplement de la formation du mot, et d’autres fois, il s’agit de variantes régionales. La lettre V, se prononce des manières suivantes : « v », « f », « o », « ou », ø. Étonnant, nous direz-vous ! Il faut donc se concentrer sur son placement dans le mot, et alors, vous saurez comment la prononcer.

  • En début, ou dans le mot : comme un V français.
    Exemple : vilonius [vi-lo-ni-us] (laid, vil, honteux)
  • En fin de verbe, au présent ou à l’impératif comme un F français.
    Exemple : me a ev [mé-a-eff] (je bois)
  • En fin de mot (autre qu’un verbe) : comme un O français.
    Exemple : blev [blé-o] (cheveux, poils)
  • Après un ñ : il ne se prononce pas (muet).
    Exemple : bleuñv [blin] (fleur)
  • Mots exceptionnels demandant une prononciation en “ou” :
    piv (piou), div (diou), liv (liou), riv (riou), bliv (bliou), gwiv (gwiou)
  • Deux exceptions numériques : div (deux) et nav (neuf) se voient octroyés d’un v à la française si ceux-ci se trouvent devant un mot commençant par une voyelle.
    Exemple : div alumenn [div a-lu-mén] (deux omelettes) ; nav obererien [nav o-bé-ré-ri-ène] (neuf ouvriers)

Évidemment, la grande richesse de la langue bretonne amène aussi son lot d’exceptions, ce qui complique la tâche. Apprendre le breton ne se fait pas en deux coups de cuillère à pot. Et cela commence par la prononciation des lettres en breton.

Pour autant, c’est une langue très intéressante, car à travers son apprentissage, il est possible d’entrevoir son histoire. C’est pourquoi chez Port d’Attache, il nous tient à cœur d’en dévoiler les secrets. Aussi, maintenant que vous savez prononcer les lettres en breton, attelez-vous aux noms de villages. En avant Guingamp !

À propos de Marnie

Marnie mange le beurre au couteau et en dépit des années passées loin de la France, cette fille de marin est restée très attachée à son Finistère. Un peu chauvine sur les bords, elle aime l'idée de montrer sa région sous un angle différent et elle se base sur une philosophie : nul besoin d'ouvrir les yeux pour voir le monde autrement, il suffit d'ouvrir son esprit.
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