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Excursions
14 juillet 2016

On a passé un week-end de survie sur l’Île de Penfret

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L’idée nous est venue en soirée avec les fidèles copains de notre groupe. Depuis toujours, notre équipe compte parmi ses membres des passionnés de chasse, de plongée et de navigation. Il n’en fallait pas plus pour que l’étincelle d’une idée mette le feu à nos esprits : et si on s’organisait un week-end de survie sur l’archipel des Glénan ? Et plus précisément sur un de ses joyaux, l’île de Penfret.

Originaires du Finistère Sud, l’Archipel des Glénan est notre terrain de jeu, mais nous n’avions jusqu’à ce jour jamais envisagé de pousser l’amusement jusqu’à son paroxysme en alliant aventure, camaraderie et cadre sauvage.

Objectif survie sur l’île de Penfret

La simple suggestion de cette idée galvanisait nos troupes et il restait alors l’organisation de cette aventure à mettre sur le papier. Car une fois sur l’île de Penfret, quelques questions restaient en suspend au sein de l’équipage :

On se la joue Koh Lanta avec un peu de riz ? Ou Kro Lanta pour profiter entre copains ?

Suite aux vifs débats entre les plus fougueux de l’équipe, la délibération fut unanime : ce week-end sera un défi commun, survivre avec les moyens du bord en apportant un minimum d’équipement avec nous. Le cadre était posé, l’objectif étant de vivre une expérience courte mais intense. Du vendredi jusqu’au dimanche, nous allions nous mettre dans la peau d’un Robinson et de son Vendredi, luttant contre la nature pour arriver à ses « faims ».

Mais… On peu faire un feu aux Glénan ? On y va en tente ou à la belle étoile ?

C’est que l’endroit où nous nous rendons est protégé, tant il est important de conserver la beauté naturelle de ces caraïbes bretons. D’ailleurs, nous vous avions déjà vanté les mérites de ce coin de paradis dans notre précédent article : L’effet Glénan, perle du Finistère sud.

En cherchant bien, il est facile de trouver la réponse logique à nos questions :

L’île est au centre d’un site classé Natura 2000, la faune et la flore y sont particulièrement protégées et l’archipel fait même actuellement partie d’un programme plus vaste : Natura 2000 en mer de la Pointe de Penmarc’h à la Pointe de Trévignon.

Aucun feu sauvage ne sera de la partie pour nous accompagner dans nos exploits, ce qui n’est pas très pratique quand on songe à se nourrir de sa pêche (le lapin étant interdit de chasse sur place).

Quelles solutions allions nous trouver pour pallier à ces obligations ?

Plein phare sur l’Île de Penfret

Naturellement nous sortons une carte de l’archipel, puis nous analysons les possibilités qui s’offrent à nous. Bivouaquer directement sur le voilier comme des pirates la nuit, attendant de pouvoir écumer les fonds marins le jour ? Ou bien, investir le fort du phare de Penfret sur le point culminant de l’île ?

Forcément, il n’est pas nécessaire d’avoir fait Saint-Cyr pour choisir l’option B :

Ça sera un bivouac dans le charismatique phare de Penfret !

Mais là aussi, il n’est pas donné à tout le monde d’y avoir accès. Actuellement, les seules personnes autorisées à y pénétrer sont les membres de l’association « Plein phare sur Penfret ».

Soleil couchant sur le phare de Penfret © Thomas Stefanczyk
Soleil couchant sur le phare de Penfret © Thomas Stefanczyk

Une équipe de passionnés vraiment incroyables, qui à la force de leur volonté tentent de :

  • Sauvegarder et entretenir le site du phare de Penfret,
  • Organiser la visite, la promotion et la mise en valeur du monument (une fois les travaux terminés),
  • Favoriser les démarches scientifiques et culturelles sur le site en accueillant chercheurs et artistes en résidence temporaire au phare.

Et puisque le hasard fait toujours bien les choses, il s’avère que le président de l’association n’est autre que Jean Le Cam, que nous avons rencontré début 2016 concernant son probable départ pour la prochaine édition du Vendée Globe. Comme la bande à Le Cam est sympathique, l’accord pour que notre bivouac puisse s’installer dans les entrailles du fort de Penfret ne se fit pas prier.

L’équipage Port d’Attache en excursion de survie

Suite à quelques semaines pour se préparer, nous voilà dans les starting-blocks pour prendre le départ. Notre groupe compte 11 membres et les profils sont riches et variés :

Chasseurs, plongeurs, photographes, vidéastes & bricoleurs.

On n’allait tout de même pas oublier de vous faire profiter de notre expérience ! Entre photographies et vidéos, la survie sur Penfret sera à quelques clics pour chacun d’entre vous.

Les eaux turquoises de l'île de Penfret © Thomas Stefanczyk
Les eaux turquoises de l’île de Penfret © Thomas Stefanczyk

À l’heure de faire l’inventaire avant le départ, voici la liste des seules choses qui nous accompagnerons lors de notre traversée depuis Port-la-Forêt, autre lieu mythique du Finistère Sud surnommé « la vallée des fous » :

  • Matériel de plongée (combinaisons, fusils de chasse sous-marine, filets, couteaux, etc.),
  • Matériel pour des prises de vue (appareils photos, caméras de poche, drone, Smartphone, etc.),
  • Matériel de bivouac (vêtements, sacs de couchage, mini-barbecue, etc.),
  • Quelques citrons (pour faire du carpaccio avec nos futures pêches),
  • Notre bonne humeur.

Nous n’avons apporté rien de superflu, uniquement le nécessaire pour se débrouiller avec les moyens du bord. Pas de riz, pas de gâteau, pas de triche !

Par stratégie logistique, notre sélection de 11 aventuriers prit le départ en deux groupes distincts. Le premier composé de 5 têtes prenait la mer dès le vendredi après-midi vers 17h en voilier, que nous nous sommes amusés à baptiser : « les éclaireurs ». Puis, le second composé de 6 têtes, partait pour sa part aux aurores le samedi matin en bateau à moteur, d’où son surnom de « l’armada ». Oui, quand nous nous investissons dans une épopée, c’est toujours avec un entrain du diable.

L’aventure appartient à ceux qui accostent

L’équipage des éclaireurs est à l’avant-poste avec un départ le vendredi, une promenade de santé depuis le soleil de Port-la-Forêt jusqu’à la nuit étoilée surplombant le Fort Cigogne des Glénan. Le temps d’une dernière nuit bercés par le clapot des vagues, et pour certains être enlacés sous l’emprise protectrice des voiles.

Gâtés, le ciel fut clément pendant l’ensemble du week-end, à croire que l’archipel attendait notre venue.

Aux premières lueurs du jour, l’armada était déjà en plein branle-bas de combat sur les quais. S’il est vrai que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, l’aventure elle, est la propriété de ceux qui embarquent aux aurores.

Le temps de charger le bateau semi-rigide et nous voilà filant à vive allure en direction des Glénan. À ce moment, la mer est calme et une fine bruine nous nargue avec des caresses sur les joues pendant trente bonnes minutes. Soudain, comme par enchantement le ciel s’éclaircit et laisse apparaître le ponton de pierre de Penfret.

À peine le temps de décharger que voilà les éclaireurs à l’horizon, franchissant les récifs de l’archipel afin de nous rejoindre, il est seulement 8h00.

Penfret, l’île aux goélands

C’est avec la rosée du matin et la teinte orangée du soleil que nous repérons les abords du phare, certains membres de l’équipage foulent pour la première fois cette île.

Un peu plus haut que le ponton de granit, trônent les ruines d’un ancien bâtiment. Il ne reste que ses quatre mûrs, offrant un lieu idéal pour quelques goélands qui investissent les lieux sans broncher. Car oui, nos aller-retours incessants pour remonter nos affaires donnèrent lieu à la plus belle des rencontres :

Regardez c’est un bébé goéland ! On dirait une mini autruche !

Premièrement, cette anecdote nous fit remarquer que nous ne connaissions pas le nom du bébé goéland… Alors si vous pouvez éclairer notre lanterne, n’hésitez pas à nous laisser l’information en commentaire.

Archipel des Glénan, perle du Finistère Sud © Thomas Stefanczyk
Archipel des Glénan, perle du Finistère Sud © Thomas Stefanczyk

Deuxièmement, le bébé goéland est tellement mignon que nous voulions l’approcher afin d’immortaliser cette rencontre inhabituelle. C’était sans compter sur les sentinelles qui investissaient les ruines juste à côté, qui eux aussi étaient aux aguets.

Et d’après vous, que fait une maman goéland lorsque le danger se fait sentir ?

La réponse risque de vous étonner moins lors de votre lecture que nous à ce moment précis… Figurez-vous que la maman mouette tente littéralement de vous becter la tête depuis les airs et se prend pour un avion de chasse avec ses rejets. Son but étant de déféquer sur les éventuels prédateurs approchant de trop près ses rejetons.

Puisque c’était soit une épaule blanche pour une belle photo, soit une hygiène intacte et un challenge remit à plus tard… Nous n’avons jamais couru aussi vite de notre vie !

La confrérie des goélands 1 – L’équipage Port d’Attache 0

Sauf que voilà, les bébés goélands cette année sur Penfret, étaient présents en force ! C’est donc quelques sprints plus tard et avec des gargouilles dans le ventre que nous décidions de rentrer dans le vif du sujet : survivre.

Et quoi de mieux pour ce faire, que d’enfiler une combinaison et de saisir des cannes à pêche ? Il était l’heure d’écumer les fonds marins.

Chasse qui peut !

Le premier groupe misa sur la plongée pour remonter des fonds marins notre menu du week-end. Équipés de combinaisons et armés jusqu’aux dents (façon de parler bien entendu), c’est depuis Penfret que nos chasseurs se rendirent sur un spot non loin de l’île.

L'équipage part à la chasse dans l'Archipel des Glénan © Thomas Stefanczyk
L’équipage part à la chasse dans l’Archipel des Glénan © Thomas Stefanczyk

Ce jour là, la mer était agitée et nos amis puisèrent dans leurs forces pour braver les remous. 3h de plongée plus tard, le butin était raisonnable : 6 vieilles, 1 sars et 15 araignées. Au désarroi de nos papilles, aucun homard ne se laissa prendre dans nos griffes. Le week-end de survie 5 étoiles sera pour une prochaine aventure.

Pendant ce temps-là, photographes et vidéastes chassaient un autre style de gibier :

Penfret en drone est un paradis sur terre.

Là aussi, nous étions armés jusqu’aux dents avec notre équipement pour la prise de vue et nos cannes à pêche. Un style plus champêtre avec lequel nous nous sommes amusés à faire le tour de Penfret. Sables blancs et eaux turquoises étaient au rendez-vous pour le plus grand plaisir de nos yeux, et du coup, des vôtres aussi.

Archipel des Glénan avec vue sur le large © Thomas Stefanczyk
Archipel des Glénan avec vue sur le large © Thomas Stefanczyk

Nos lignes elles, avaient du mal à faire mouche… En 4h de pêche autour de l’île, le constat était rude : bredouille ! En revanche, notre traque d’images et de vidéos était elle, une merveilleuse réussite.

Il est alors 14h, le soleil est encore au zénith et nos ventres crient famine. C’est l’heure de réunir en entier l’équipage au fort de Penfret.

De la mer jusqu’à l’assiette

Tandis que certains préparent les araignées en bouillant de l’eau de mer, d’autres prennent les poissons pour en faire des filets. La découpe des vieilles se fait au bord de l’eau couteaux en mains, sous les regards perçants de nos « amis » les goélands.

Nos filets enfin prêts, nous remontons au phare afin de déguster notre butin durement acquis. Les carcasses elles, restent après nous pour le plus grand bonheur des sentinelles ailées.

La confrérie des goélands 1 – L’équipage Port d’Attache 1

Bien préparés, voici comment nous avons dégusté nos filets de vieilles (le poisson, rappelons le au cas où !) avec trois fois rien :

Le carpaccio de survie.

Ingrédients du carpaccio de vieille pour 4 personnes

  • 1 vieille de 2 KG en filets
  • 2 à 3 citrons jaunes
  • Huile d’olive
  • Sel
  • Poivre

Préparation de la marinade de vieille

  • Tailler de fines tranches dans les filets de vieille,
  • Disposer les fines tranches de vieille bien à plat dans un récipient à large bord,
  • Saler et poivrer, puis recouvrir avec le jus de citron, et laisser mariner pendant 2 heures,
  • Égoutter pour enlever le jus de citron,
  • Ajouter du sel, du poivre, et arroser généreusement d’huile d’olive,
  • Place à la dégustation, régalez-vous !

C’est donc comme des princes que nous nous sommes régalés entre carpaccio de vieille et araignées au barbecue. Le reste de notre week-end se résuma à passer un agréable moment entre amis, dans ce cadre magnifique qu’est l’île de Penfret.

Notre week-end survie en 3 anecdotes sauvages

1 – Le cri du goéland ignorer tu devras

Les goélands sur l'île de Penfret
Les goélands sur l’île de Penfret

Et avec ce joli monde, l’île de Penfret devient parfois un joyeux bordel. L’unique moment de répit intervient aux alentours de 1h du matin, lorsque la nuit oblige les goélands à s’endormir. Mais c’est sans compter sur le premier criard qui, 3 heures plus tard, a le malheur d’ouvrir son bec, tel un réveil indésirable auprès de sa communauté aviaire.

S’en suit alors un concerto de chants d’oiseaux marins et une courte nuit pour nous autres aventuriers de passage.

2 – La crème solaire à chaque heure tu mettras

La réverbération du soleil sur la mer
La réverbération du soleil sur la mer

C’est que ça tape avec la réverbération de la mer autour des Glénan et de Penfret. Concernant notre Capitaine et notre Quartier-maître, chaque année c’est la même rengaine ! Les premiers soleils sont de véritables parcours du combattant où il faut user d’ingéniosité pour ne pas… Devenir un homard !

Du coup, c’est à chaque heure de la journée que nos pseudos « irlandais » se badigeonnaient de crème indice 30. Ce qui bien évidemment, ne suffit pas ! Mollets et nuques auraient préférés de l’indice 50… Pas grave les gars, l’année prochaine sera la bonne !

3 – Des aoûtats te méfier tu dois

Invasion des aoûtats dans les douves de Penfret
Invasion des aoûtats dans les douves de Penfret

Voilà l’anecdote la plus charmante de notre séjour de survie, les aoûtats ! Mais qu’est ce qui se cache derrière ce nom d’extra-terrestre ?

L’aoûtat appartient à la famille des acariens. L’adulte est inoffensif, c’est la larve qui arrive sans bruit et nous inflige une morsure douloureuse. A peine visibles à l’œil nu, ces larves rouges se rencontrent dans les gazons, les zones ombragées, les vergers et près des zones humides (étangs, piscines, …).

Autant vous dire que le fort de Penfret était le Disneyland de ces bestioles et que nous en étions recouverts de la tête aux pieds lorsque le marchand de sable s’apprêtait à nous rendre visite. Mais, ça fait quoi au juste une larve d’aoûtat ?

Lorsqu’elles nous mordent, elles injectent leur salive qui déclenche les symptômes ci-dessous :

  • Formation d’un bouton boursouflé, souvent auréolé, en seulement quelques heures,
  • Démangeaisons importantes au bout de 20 à 30 heures, pouvant persister une semaine.

L’ironie c’est que les boutons ne sont pas systématiques d’une personne à une autre. Cette bestiole c’est un peu la loterie façon « Doctissimo ». Bien heureusement, personne ne fut « blessé » par la tribu des mini-acariens.

Pourquoi il faut se rendre sur l’île de Penfret au moins une fois dans sa vie ?

Outre l’aspect paradisiaque des lieux, l’île de Penfret est à visiter au moins une fois dans sa vie pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, pour son côté sauvage ! Notre week-end de survie se déroulait juste avant que les touristes arrivent en masse dans l’Archipel, nous étions donc privilégiés pour admirer la nature maîtresse des lieux.

Seconde raison, pour son phare de caractère ! Lorsque l’association « Plein phare sur Penfret » aura accompli sa vocation de rénovation du monument, il vous sera possible d’y monter. Et puisque nous sommes des trublions, notre équipage a pu se hisser à son sommet, offrant une vue panoramique sur tout l’archipel des Glénan. Croyez-nous, cette expérience en vaut la chandelle !

Avant son ouverture au public, vous pouvez rejoindre l’association ou faire un don afin de les accompagner dans ce magnifique projet. Pour cela il vous suffit de cliquer sur l’expression suivante :

Penfret, c’est vraiment chouette !

Vous aimeriez découvrir un autre lieu mythique de Bretagne ? N’hésitez pas à nous laisser vos idées en commentaires, notre équipage ne demande qu’à continuer ses explorations.

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Simon

Simon est le capitaine qui aime jouer avec les mots. Après ses études dans le commerce et les finances il conserve cette attirance pour les joutes verbales. Curieux et engagé, il a toujours son avis à donner. Sa philosophie est simple, mieux vaut danser sous la pluie plutôt que d'attendre le soleil.