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Oui, il est encore possible de sauver le macareux moine en Bretagne !

Écrit par
26 Avr. 18

Si nous allons évoquer la possible fin du macareux moine en Bretagne, pas de panique les amis ! Bien que l’espèce soit malheureusement en voie d’extinction, il s’agit là de parler de la colonie de macareux présente sur les terres bretonnes, dans la réserve des Sept-Îles, et seulement celle-ci ! L’espèce vit majoritairement en Atlantique Nord et pas qu’en Bretagne !

Fiche biologique d’un macareux moine

Un macareux moine est un petit oiseau de la famille des Alcidea (comme le guillemot, le petit pingouin ou la starique). Les espèces qui constituent cette famille sont généralement de taille moyenne, trapus et ont les pattes implantées assez bas. Le macareux moine est le seul genre de macareux à vivre dans l’hémisphère nord, les trois autres vivant exclusivement dans le Pacifique. Sa répartition dans l’hémisphère nord se réduit à l’Atlantique Nord : Écosse, Irlande, Islande et même un peu au Canada et au Groenland (côtes de la mer de Baffin).

Décroissance de la population

Si depuis les années 1980, la population de macareux moine en Bretagne s’est stabilisée entre 150 et 200 couples, ils n’étaient que 130 au dernier recensement. Courte baisse, mais il faut rappeler que dans les années 1900, ils étaient entre 10 000 et 15 000 ! En cause, les dramatiques marées noires que la Bretagne a malheureusement connues, le réchauffement climatique et bien entendu, la chasse…

Bonne chair et œufs frais

Comme beaucoup d’espèces, le macareux moine a énormément souffert de la chasse, sujette aux abus et aux folies de braconniers fous. A force de massacres répétés, certaines colonies bretonnes ont été complètement décimées (par exemple celle de l’île Rouzic en 1911). Attention à ne pas s’y méprendre, les conséquences de la chasse au macareux ne sont pas dues qu’à la région. C’est assez généralisé, car en Islande et aux Îles Féroé, il est également consommé. Cela a naturellement mené à la création de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (la LPO), en 1912 par des ornithologues passionnés et inquiétés. La LPO a assez rapidement, d’ailleurs, contribué à l’implantation d’une réserve ornithologique (privée à l’époque). C’est en 1976 que la mobilisation des ornithologues pour la protection de l’espèce a permis de classer l’archipel des Sept-Îles au rang de réserve naturelle nationale…

Oiseau vulnérable, oiseau en danger

En plus de subir les aléas du réchauffement climatique qui le font migrer plus loin et donc l’épuisent, le macareux est un oiseau qui ne pond qu’un œuf par an, et par couple. C’est faible, très faible. D’autant plus que, nichant au sol, les œufs et les juvéniles peuvent être victimes de rats ou de goélands. Ces derniers proliférant suite à la multiplication des décharges à ciel ouvert. Le sort s’acharnerait presque… Sans compter sur la pollution en général, qui a un effet assez néfaste sur l’espèce, comme sur n’importe quelle espèce. Mentionnons aussi la pollution lumineuse due au développement des littoraux : les jeunes macareux seraient attirés par les lumières des villes plutôt que par le large, où ils vont habituellement se nourrir.

Œuvrer pour la reconstitution des stocks de macareux moine en Bretagne

Un des moyens pour sauver réellement le macareux moine en Bretagne, et donc sa colonie des Sept-Îles, serait de reconstituer les stocks de poissons dans les eaux qu’il fréquente près d’ici. Recréer une abondance alimentaire pour ces oiseaux leur permettrait de limiter le périmètre de migration et de les « sédentariser » un peu plus à la réserve naturelle nationale.

Merci la LPO !

En effet, grâce à la Ligue pour la Protection des Oiseaux, mise en place pour la préservation du macareux moine en Bretagne, l’oiseau a pu entrevoir un avenir moins noir que son plumage. Aujourd’hui, forte de près de 46 000 membres, elle continue, jour après jour, à protéger les espèces telles que le macareux moine en Bretagne.

Toujours avec la LPO, vous pourrez peut-être profiter du sublime spectacle du retour des (quelques) macareux moine sur les terres. En effet, à partir de la quinzaine basse de mars et ce jusqu’à la mi-juillet, le macareux revient pour nicher. La LPO propose aux amateurs et amoureux de la nature une station pour découvrir le macareux moine, sur Grande-Ile. A vous de voir, c’est à partir d’avril !

Marnie

Marnie mange le beurre au couteau et en dépit des années passées loin de la France, cette fille de marin est restée très attachée à son Finistère. Un peu chauvine sur les bords, elle aime l'idée de montrer sa région sous un angle différent et elle se base sur une philosophie : nul besoin d'ouvrir les yeux pour voir le monde autrement, il suffit d'ouvrir son esprit.

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