© Ronan Gladu

Robert Surcouf VS Jack Sparrow : qui est le plus badass ?

Saint-Malo dans les années 1800. Un drôle de personnage arpente les rues de la ville close. Chapeau de marin, boussoles à la main, il ne s’agit pas du capitaine Jack Sparrow, mais de Robert Surcouf roi des corsaires bretons.
Si l’un est fictif et l’autre bien réel, les deux hommes ont bien plus en commun que ce que l’on pourrait penser.

Tout d’abord, ils ont un ennemi en commun : la compagnie des Indes. Il est sûr que si les deux hommes avaient été réunis, ils auraient pris un malin plaisir à faire tourner en bourrique les amiraux de la marine britannique.
On connaît tous les ruses de Jack Sparrow pour arriver à ses fins et récupérer le mythique Black Pearl. Le corsaire Robert Surcouf n’a rien à envier au capitaine.

Vous vous souvenez de cette scène du premier opus de la franchise où le pirate à l’œil de verre Ragetti et son comparse Pintel se déguisent en femmes pour accoster le Black Pearl ? J’en parierais une bouteille de rhum que cette scène est inspirée des faits d’armes de Robert Surcouf. Pour conquérir le navire britannique « le Triton », Robert Surcouf et son équipage se sont déguisés en soldats britanniques et se sont emparés du bateau. C’était en 1796.

Le véritable coup d’éclat du corsaire malouin reste la prise du bâtiment britannique Le Kent. Alors qu’il est à bord de La Confiance, avec 130 hommes d’équipage, le corsaire décide de s’attaquer au Kent, navire de commerce britannique de 20 tonnes et équipé de vingt canons. À son bord : 460 hommes. Surcouf et son équipage partent à l’abordage du navire, surprenant les hommes britanniques qui ne s’attendaient pas à une telle audace.

Le Kent ou le Black Pearl ?

L’assaut dure dix minutes et tue vingt  personnes : quatre du côté français et seize du côté britannique. Robert Surcouf rentre victorieux en France, à Saint-Malo, le 16 novembre 1800 et se voit octroyer le titre de « roi des corsaires bretons ». Un titre suffisamment important  pour siéger à la table de la confrérie des seigneurs pirates, aux côtés de Jack Sparrow, représentant  de la mer des Caraïbes ?

Si Robert Surcouf a été aussi victorieux sur les différentes mers du globe, c’est peut-être parce qu’il a su s’entourer de fidèles acolytes. Jack Sparrow a Will Turner et Elisabeth Swan (qui n’a jamais rêvé d’avoir pour partner in crimes Orlando Bloom et Keira knightley ?).  Robert Surcouf a pu compter sur son frère aîné, Nicolas Surcouf. Il fut son second pendant 15 ans et les deux frères sont à l’origine de plusieurs prises de navires célèbres.


Ah ces maudits pirates !

Autre point commun : le lien des deux hommes avec l’esclavage et la traite négrière. Il s’agit d’une anecdote peu connue et pourtant le capitaine Jack Sparrow a failli prendre part au commerce triangulaire.

Avant de devenir pirate, Jack  était sous les ordres de la marine britannique et de Lord Beckett. Il lui avait notamment confié comme mission de retrouver un trésor sur l’île magique de Zerzura. Le commodore lui promet qu’ils partageront le trésor ensemble. Lorsqu’il se rend compte que Beckett a pour intention de réduire le peuple de Zerzura en esclavage, Jack Sparrow abandonne la mission.

Johnny Depp à Saint-Malo ?

Robert Surcouf, quant à lui, s’est retrouvé mêlé à la traite négrière sans le savoir. Alors qu’il a vingt ans, le « Tigre des mers » se voit confier le commandement du brick « La Créole » par des armateurs. Ceux-ci ont pour projet d’aller chercher des esclaves à Madagascar. Malgré ses premières réticences, Robert Surcouf accepte la mission tout en refusant d’entraver les esclaves.

Au cours du  voyage, il apprend que l’esclavage est aboli et qu’il navigue donc dans l’illégalité. Pris en flagrant délit par des commissaires, il évite les poursuites en menaçant de les abandonner sur les côtes africaines. On ne rigole pas avec le capitaine Surcouf !

Jack Sparrow ou Robert Surcouf, difficile de dire lequel des deux remporteraient le duel au sommet ! Les deux hommes ont dû faire preuve d’audace et d’ingéniosité pour être sacrés le rois des océans du globe. Mais comme nous sommes Bretons et donc par définition chauvins, il me semble que l’on devrait tous voter pour Robert Surcouf. A quand Johnny Depp dans la peau du roi des corsaires bretons ?

À propos de Anaïs

Passionnée par les voyages, Anaïs a déjà posé ses valises en Angleterre, en Italie et même en Normandie ! Un peu (beaucoup) chauvine sur les bords, elle défend toujours sa Bretagne natale et n’hésite pas à avoir recours à la mauvaise foi (et à son pull « Bretonne ») pour le faire. Outre la Bretagne, la musique, les concerts et la photographie sont ses sources de distraction… Tout comme faire rire ses amis.