On ne sait jamais, un jour, vous pourriez vous retrouver à bord d’un somptueux navire de la marine marchande et avoir besoin de communiquer avec les autres bâtiments marins autour de vous. De même qu’il se pourrait que vous ayez simplement besoin de comprendre les signaux maritimes qui vous sont adressés, vous qui naviguez tranquillement sur votre zodiac. Mais sans les codes de la pavillonnerie maritime, comment allez-vous faire ?
Il est important de savoir communiquer sur l’eau, car une fois en pleine mer, les réseaux ne passent plus et tout le monde n’a pas de téléphone satellite. Ou les capacités de bricoler une radio de secours avec deux bâtons et une pomme de terre (sauf si vous êtes McGyver).
Pavillonnerie maritime : le Code International des Signaux Maritimes
Le Code International des Signaux Maritimes, de son petit nom officiel, paraît très simple : un drapeau, ou flamme, que l’on « frappe » et qui signale un message aux autres usagers. Mais il existe tellement de pavillons que cela peut être difficile de tout saisir. Il y en a en tout 26, uniques, un pour chaque lettre de l’alphabet. Avec cet article, vous allez connaître sur le bout des doigts la pavillonnerie maritime.
Parler en pavillons, pour qui ?
Tous les bâtiments de toutes les marines du monde sont aptes à communiquer grâce à ces pavillons. Grâce à leur universalité, la langue d’origine du bateau n’est plus un obstacle à la compréhension. Ainsi, les navires peuvent tout à fait être compris au-delà de leurs frontières et par tous ceux qui sont en mesure de déchiffrer le Code International des Signaux Maritimes.
Ceci dit, dans cette première partie consacrée à la pavillonnerie maritime, nous allons vous détailler les treize premiers pavillons de cette liste lorsqu’ils sont hissés de manière isolée. Un autre article, la seconde partie de celui-ci, vous expliquera les treize suivants. Mais avant, tribord, bâbord, êtes-vous sûr de les différencier ?
Tribord / bâbord, comment se souvenir ?
Petit rappel avant les pavillons. Tribord et bâbord font partie du langage marin indispensable et pour s’en souvenir, c’est tout simple. Tribord c’est droite, en rapport au r présent dans les deux mots à la seconde place. Tout comme bâbord c’est gauche, en rapport avec le a présent dans les deux mots, à la même place également. Rien de plus simple, vous n’êtes pas d’accord ? De même que pour se remémorer la couleur et la forme des balises de signalisation maritimes, il existe un moyen mnémotechnique qui est : « BACYROUGE » et « TRICOVERT ». À BA-bord, les balises sont CY-lindriques et ROU-ges et à TRI-bord elles sont CO-niques et VERT-es. Les marins avaient de belles astuces pour ne rien oublier !
En avant, moussaillon !
A – Alpha
Le pavillon Alfa signifie « Scaphandrier en plongée, tenez-vous à distance et avancez lentement ».
ou alors, moins sérieusement : « Attention, on a perdu un truc, on le cherche, ne nous faites pas mal. »
B – Bravo
Bravo signifie que le bâtiment qui le porte transporte, décharge ou charge des matières dangereuses.
ou alors, moins sérieusement : « Nous manipulons la vaisselle de grand-mère, passez loin ».
C – Charlie
Charlie est hissé, comprenez « Oui ». Ou que le groupe précédent de pavillons doit être interprété à l’affirmative.
ou alors, moins sérieusement : « Missa accepté… Avec Maximax d’humilité. »
D – Delta
Si vous voyez Delta, soyez prudent, le navire en face vous dit « Ne me gênez pas, je manœuvre avec difficultés ». Le mieux est de lui laisser de la place.
ou alors, moins sérieusement : « Poussez-moi, excusez-vous. »
E – Echo
Echo signifie que le navire qui le porte se présente par tribord.
ou alors, moins sérieusement : « Chaud devaaaaant, attention à droite ! »
F – Foxtrot
Foxtrot est une sorte d’appel de détresse, car il signifie “Je suis désemparé, communiquez avec moi”. Il faut donc être vigilant.
ou alors, moins sérieusement : « Arrête de faire la gueule, allez…parle moi ! »
G – Golf
Golf est également un signe de détresse puisqu’il indique aux autres navigants « J’ai besoin d’un pilote ».
ou alors, moins sérieusement : « J’ai trop bu, je ne peux pas conduire, quelqu’un peut-il m’aider ? »
H – Hotel
Hotel est un pavillon déjà plus rassurant car il annonce « J’ai un pilote ».
ou alors, moins sérieusement : « Nous avons un SAM responsable ! »
I – India
En écho à ECHO (sans mauvais jeu de mot), India précise que le navire qui le hisse arrive sur bâbord.
ou alors, moins sérieusement : « Attention sur la gauche, chaud, chaud ! »
J – Juliet
Il faut se méfier de Juliet (sans mauvais jeu de mot non plus), car il fait savoir aux alentours qu’il y a un incendie à bord, qu’il y a des matières dangereuses et qu’il faut se tenir à distance.
ou alors, moins sérieusement : « Ok, all your base are belong to us ».
K – Kilo
Si Kilo indique « Je désire communiquer avec vous », à la différence de Foxtrot, il n’est pas question dans ce cas, d’être désemparé ou en détresse.
ou alors, moins sérieusement : « Allo ? Alloooo ? Il y a quelqu’un ? »
L – Lima
Lima est de mauvais augure car ce pavillon demande aux autres navires « Je vous demande de vous arrêter immédiatement ». OK.
ou alors, moins sérieusement : « VOUS NE PASSEREZ PAS ! »
M – Mike
Mike est le pavillon signifiant « Le navire est stoppé et n’a plus d’erre ». Pas de bon augure non plus…
ou alors, moins sérieusement : « Je n’en peux plus, je n’avance plus là…je m’arrête. »
Voilà, vous connaissez les treize premières lettres relatives au Code International des Signaux Maritimes. La pavillonnerie maritime se dévoile à vous. La suite, dans le prochain épisode : le langage de la pavillonnerie maritime.