© Kévin Plessis

Euro Zéro, L’expédition zéro déchets de Kévin Plessis

Chez Port d’Attache, nous aimons mettre à l’honneur les initiatives inspirantes et porteuses de belles valeurs. Et justement, Kévin Plessis, cet aventurier nantais d’origine, gagne à être connu. Il se lance dans une expédition zéro déchets à travers l’Europe, coup de projecteur sur ce défi en dehors des sentiers battus.

Aventurier oui, mais avant tout amoureux de la nature

Son projet ? 6000 kms à pied en autonomie à travers l’Europe. Il s’est donné six mois pour effectuer 10 étapes dans 10 pays différents. Douze heures de marche, une quarantaine de kilomètres par jour et une paire de chaussures ! L’aventurier aime les défis : il fait de son aventure une expédition zéro déchets. Ne cherchez pas plus loin, le nom du projet est trouvé, ce sera EuroZéro.

Kévin aime sortir des sentiers battus, traverser l’Europe du Nord au Sud impose de se confronter à des conditions variées. En partant de Scandinavie, le climat est hivernal même au début du printemps. A l’inverse, en Espagne à la fin de l’été, les températures se rapprochent de celles du désert. Le changement, c’est ce que recherche Kevin Plessis :

« Voir les paysages évoluer, les animaux sortir de leur hibernation, la neige fondre, le début du printemps est idéal pour cela et la traversée Nord-Sud permet d’apprécier une plus grande variété de milieux. »

Une expédition zéro déchets ça se prépare…

Qui dit autonomie dit solutions pour se nourrir et boire. Kévin a fait le choix de vivre son aventure sans prévoir de logement, il est aventurier, pas randonneur. La chasse, la pêche, les insectes et les plantes feront partie de l’aventure une fois que ses vivres lyophilisés seront épuisées. De telles conditions demandent une véritable préparation, depuis plus d’un an, Kévin se prépare dans les Alpes. Si ce solitaire aime tout faire par lui-même, il se réjouit d’avoir pu échanger avec des spécialistes de l’expédition polaire. Le reste, il l’a appris seul grâce à ses expériences et ses recherches.

Niveau logistique, comment ça se passe ? Eh oui, au départ les températures norvégiennes avoisineront les -20°C, une tenue adaptée est de rigueur. A l’arrivée, dans le sud de l’Espagne, le mercure affichera surement plus de 40°C. Pas sûr que la parka reste indispensable. Sans parler de la quantité de déchet ramassés qui s’ajouteront aux 40 kilos du sac de l’aventurier. Pour ça, Kévin a prévu un filet où il pourra stocker quelques kilos d’ordures qu’il déposera dans les villes situées sur son parcours. Pour les déchets plus encombrants, il les signalera aux associations référentes. Et l’équipement d’hiver alors ? Kévin a pensé à tout : ses affaires seront envoyées à sa famille une fois qu’il sera arrivé en France.

En terme de quantité de déchet, aucun objectif chiffré n’est fixé mais l’idée est d’en ramasser le plus possible. Avec cette aventure, en plus de sensibiliser à la pollution, il veut prouver qu’un mode de vie plus cohérent avec la nature est possible. Pour aller au bout de cette démarche, Kévin a choisi des équipements en évitant le plastique et a banni les éléments issu d’animaux. Il s’est aussi entouré d’associations partenaires comme Clean Walker ou Run Eco Team.  Elles soutiendront ses actions dans les villes où il passera invitant les locaux à l’accompagner sur quelques kilomètres.

3 questions à Kévin Plessis sur son expédition zéro déchets

Quel a été le déclic pour commencer ces aventures ?

« J’étais arrivé au plus bas dans ma vie, avec une hygiène de vie déplorable. J’ai voulu intégrer l’armée, mais j’ai été refusé car je suis asthmatique. J’avais 21 ans, à partir de là je me suis mis sérieusement à courir, à améliorer mon alimentation. Voyant les bienfaits de la course à pied et du sport, j’ai décidé de faire un métier physique, pendant cinq ans j’étais déménageur. Je continuais à faire beaucoup de sport : des trails et même un semi-marathon. La marche est venue ensuite, je faisais plus de 70 kms par jour et après avoir été refusé de l’armée une seconde fois à 26 ans, j’ai entrepris mes expéditions ».

D’où est née l’idée de traverser l’Europe à pied ?

« Lors de ma première expédition, j’ai fait le tour de la Bretagne, soit 2200 kms en 58 jours. Une fois arrivé au bout, je ne voulais pas m’arrêter, au fur et à mesure du chemin j’ai pris goût à l’aventure et mon mental restait au beau fixe. C’est lors de cette expédition qu’est née l’idée d’une expédition zéro déchets pour aller encore plus loin. »

Réussir de tels exploits, une revanche sur l’asthme ?

« Complètement, quand j’ai commencé le sport, j’étais très asthmatique, je n’arrivais pas à courir et mes crises étaient nombreuses. Aujourd’hui, 5/6 ans après, je ne prends plus de traitement. Le sport, une bonne alimentation, éviter les endroits pollués, apprendre à dompter ma respiration, a permis d’éloigner la maladie. Mes expéditions sont la parfaite combinaison de ces éléments.  »

En tout cas, Kévin n’a pas fini de nous inspirer et de nous épater. En plus d’être une force de la nature, calme et serein, il prouve que l’on peut allier performances sportives et initiatives pour la planète. L’aventure ne s’arrêtera pas à l’arrivée de son périple, un livre et un film sont déjà prévus pour relater son expédition zéro déchet. En attendant, on peut le suivre sur Facebook et Instagram, un exemple d’aventurier comme on les aime en Bretagne.

À propos de Louisa

Après un exil chez les Savoyards, que j’ai tenté de convertir au beurre salé et au Kouign Amann, je suis de retour en terre natale. Toujours avide de découverte, je ne me lasse jamais de fouler notre belle région. Mon cœur est à Rennes mais je ne résiste jamais longtemps à l’appel des vagues et de l’air iodé.
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