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Culture
04 février 2016

Kentel 4 : les mutations de la langue bretonne

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Chaque langue celtique moderne possède son lot de phénomènes d’altérations orales et la langue bretonne ne déroge pas à cet usage. La mutation ne veut pas dire qu’il faut imiter d’une façon approximative l’accent du premier paysan que nous croisons, non ! Ça serait presque trop facile d’ailleurs… Les mutations bretonnes ont effrayé plus d’un écolier studieux sur les bancs des écoles, véritable cauchemar des apprentis bilingue.

La couleur est annoncée, inspirez un bon coup, nous nous lançons dans une nouvelle leçon de breton.

La langue bretonne et la mutinerie de ses mots

À croire que nos expressions se jouent de nous, au fil des altérations que nous pouvons rencontrer dans cette langue très riche. Pourtant, nos fameuses mutations se veulent pour la majorité adoucissantes et en font une langue bretonne très liée. Pour comparaison, c’est tout l’inverse de la langue chinoise qui est une langue très hachée.

Voici comment résumer les mutations en une phrase :

Certains mots peuvent subir une légère transformation s’ils sont précédés d’un article ou d’un pronom possessif. Les mutations peuvent servir à marquer le genre (féminin ou masculin) et le nombre (singulier ou pluriel).

D’où votre première inspiration, une seconde ne sera pas de trop pour continuer à jouer avec les mots. Commençons par le commencement avec nos articles bretons.

L’article de la mort

Votre mission si vous l’acceptez est de connaître cette liste par coeur, une fois cela en poche il vous sera plus aisé de braver les impétueuses mutations. À l’assaut de nos articles définis :

« an » devant les mots commençant par N, D, T, H ou les voyelles.

« al » pour les mots commençant par « l ».

« ar » devant toutes les autres consonnes.

Nos articles définis sont de bons petits soldats, serviables, ils peuvent précéder des singuliers ou des pluriels. À l’inverse, d’un esprit plus corsaire, il existe également des articles indéfinis. Lorsque nous vous parlions de mutinerie des mots, ce n’était pas uniquement par plaisir !

Les articles indéfinis sont « un », « ur » et « ul ». Ils précèdent les mots uniquement singuliers sur le même principe que « an », « ar », « al ».

Quand le masculin et le féminin font bon ménage en langue bretonne

Les mots masculins n’ont pas de mutation à une exemption près, lorsqu’ils commencent par la lettre « k ». Par exemple, nous pouvons avoir les mots :

Cela nous indique que ces mots sont d’une part masculin et d’autre part sans mutation, puisque le t- ne change pas. À l’inverse, avec cette prochaine expression :

Commençant par k-, il devient avec un article défini c’h- et est alors doté d’une mutation. Pourquoi cette exception pour le masculin de la langue bretonne ?

Le breton à en horreur la prononciation du couple r + k et opte pour une mutation afin de régler cette hantise.

La langue bretonne est beaucoup plus galante envers ses mots de l’autre gent :

Tous les mots féminins commençant par K, T, P, G, GW, B, M subissent eux aussi des mutations.

Une gymnastique Made in BZH

L’art des mutations est un véritable sport pour nos esprits et deviennent au fil du temps des automatismes. D’apparence fastidieuses à apprendre, on se rend vite compte qu’elles se rangent par séries et obéissent à des règles standard faciles à mémoriser. Tout de même, il en existe un bon petit paquet ! À tel point qu’il serait pharaonique de toutes les décliner ici. Néanmoins ce petit aperçu de l’iceberg vous permet d’en comprendre les rudiments et comme le dit l’adage breton :

« Mieux vaut sagesse que richesse »

Chaque jour, notre équipage Port d’attache vous accompagne dans l’apprentissage de la langue bretonne. Vous aussi, rejoignez cette vague en nous suivant depuis notre galerie Instagram.

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Simon

Simon est le capitaine qui aime jouer avec les mots. Après ses études dans le commerce et les finances il conserve cette attirance pour les joutes verbales. Curieux et engagé, il a toujours son avis à donner. Sa philosophie est simple, mieux vaut danser sous la pluie plutôt que d'attendre le soleil.