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Culture
12 décembre 2015

Kentel 2 : Savoir traduire le nom de son village breton

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Ce week-end, le festival des Transmusicales battait son plein au cœur de Rennes et fut riche en péripéties. Sur le chemin du retour, les panneaux d’indications défilent et laissent place à nos remarques constructives quand nous croisons certains noms de patelins.

« En Ile-et-Vilaine ils ont Plumelin, nous dans le Finistère on a Plomelin ! Coïncidence ? »

Puis, nous nous sommes amusés à lister les noms de villes, villages et autres bourgades dont les appellations se voulaient cousines, voire parfois sœurs : Landunvez, Landudec, Landudal, Landrévarzec ou autres Ploërmel, Plouharnel, Ploemel, etc. Déroutant ! Le chemin du retour fut long et cette énumération ne tarda pas à devenir imposante. Nous amenant à nous poser cette naïve question :

« Gast, pourquoi tant de ressemblance ? »

Chaque jour, nous vous invitons à découvrir un mot breton sur notre compte Instagram et cette fois-ci, nous nous sommes amusés à étudier notre territoire en traduisant les noms de nos communes.

La Bretagne n’est pas le pays des ploucs mais des Plou-

Au fur et à mesure de nos lectures, nous constatons que le caractère bien prononcé de notre région se retrouve dans les origines des lieux qui la façonnent. En lisant cet article, vous serez capable de décoder en une lecture de panneau l’histoire du terroir qui vous entoure. Ça vous dit de devenir mentaliste avec option bourgade bretonne ? Allez, ça sera parfait pour vos heures de co-voiturages en terres celtes !

Vous l’aurez compris, la Bretagne possède une attache particulière à ses racines et cela se traduit par la reconnaissance et les clins d’œil de son histoire dans les noms de ses villes. Constituant à eux seuls de véritables mentions géographiques.

Les Plou- par exemple, ne sont pas moins de 160 dans la région. À l’origine, la ploue était une peuplade organisée en paroisse, une communauté rurale autonome. Si notre courageux Astérix avait réellement existé, peut-être viendrait-il de Plouquelquechose !

Nous avons donc Plou- pour « paroisse » et c’est en toute simplicité que la suite du nom nous renseigne sur une spécificité de celle-ci. Pour varier les saveurs, notre fameux Plou- a aussi quelques variantes issues des mêmes origines : Plo-, Ploe-, Pleu-, Plu-, Plé-, Pley-.

Les moines qui avaient la « côte »

Les communes commençant par Lan-, Lann- ou encore Lam- font référence à des moines ou des saints qui y vécurent en ermites. Là, on se dit que les gars devaient avoir une aura et un charisme de dingue pour que ces villages adoptent leurs noms en guise de reconnaissance. On en dénombre une soixantaine sur l’ensemble du territoire armoricain, le cas est loin d’être isolé dans le Grand-Ouest. Si frère Tuck, fidèle acolyte de Robin des Bois avait vécu par chez nous, cela aurait pu donner : Lantuck ! Plutôt stylé.

Trev- de bavardage, on Lok-alise d’autres bourgades

Même si les Plou- et les Lan- sont les plus connus, Ils ne représentent que 20% des noms de communes ce qui en dit long sur la richesse de notre patrimoine.

Trev- signifiant “village”, ou fraction du Plou- justement, rassemblant quelques habitations.

Ker- (Car- Caer-, etc.) dans son sens le plus récent de “maison” et Lok- dans le sens de cabane ou de loge, souvent de lieu saint avec son nom accolé. Qui a dit que la taille ne comptait pas ?

Iliz- pour “la vieille église”, Kastell- (ou Castel-) pour une ville fortifiée ou un retranchement, Lis- (ou Les-) désigne la cour d’un prince ou d’un seigneur, l’histoire et la géographie d’un lieu en ont fait son nom.

À découvrir ces origines, l’adage breton ci-dessous prend un sens encore plus fort :

“Cent pays, cent modes ; cent paroisses, cent églises.”

Vous voilà équipés pour explorer nos contrées armoricaines sur le papier, en revanche pour ce qui est de la prononciation… C’est une autre paire de manches ! Cela tombe bien, on se retrouve bientôt pour une troisième leçon.

Dans l’attente insoutenable de la publication de notre prochain article… Retrouvez notre dernière vidéo où nous rencontrons l’équipage de Cap à l’Ouest dans leur propre fief, celui de Saint-Malo :

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Simon

Simon est le capitaine qui aime jouer avec les mots. Après ses études dans le commerce et les finances il conserve cette attirance pour les joutes verbales. Curieux et engagé, il a toujours son avis à donner. Sa philosophie est simple, mieux vaut danser sous la pluie plutôt que d'attendre le soleil.