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Culture
25 juillet 2015

Frédéric Cailliaud : Le premier breton en Égypte

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De grands marins, navigateurs et explorateurs ont parcouru le monde et contribué à faire connaître la Bretagne. Ils nous laissent un héritage riche, que nous avons envie de vous retranscrire.

Pour ce premier portrait qui nous tient à coeur, c’est le monde de l’exploration qui est à l’honneur. Regardez tout simplement le nombre incalculable de fois où l’on croise un drapeau de la Bretagne à la télé. Nous sommes partout, des voyageurs dans l’âme !

Leçon 1 : Le breton est voyageur

Notre Indiana Jones armoricain nous vient de Nantes… Par pitié ne hurlez pas au loup ! Nous reviendrons plus tard sur le rôle, ainsi que sur la notion d’appartenance de nos acolytes nantais à la Bretagne.

Ainsi, nous voilà à l’aube du 19ème siècle, un certain 9 juin 1787.

En ce jour, pas de fouet et encore moins de chapeau Fedora, mais un jeune nourrisson d’une humble origine : Frédéric Cailliaud fils de serrurier-mécanicien ! C’est pourtant un engrenage totalement différent qui va rendre légendaire notre aventurier en herbe.

Une jeune pousse à l’avenir prometteuse

Oui en herbe, le mot est astucieusement utilisé ! Très tôt, FC sut quoi choisir comme hobby et s’orienta vers les sciences naturelles : il commença par apprendre seul la géologie et la minéralogie. Il se rendit à Paris en 1809, pour y parfaire ses études. Bon oui… Pour le moment rien d’exotique quant à partir à la découverte d’une jungle de béton, mais comme le dit un dicton :

« Si ton labeur est dur, et si tes résultats sont minces, rappelle toi qu’un jour le grand chêne a été un gland comme toi… »

En plus on parle botanique, c’est magnifique ! Bref, revenons à notre jeune pousse alors âgée de 22 printemps.

Au bout de quatre ans passés à la capitale, déjà en possession d’une grande somme de connaissances, il voulut les augmenter et entreprit dans ce but des voyages qui lui firent connaître la Hollande, l’Italie, la Sicile, la Grèce, la Turquie d’Europe et la Turquie d’Asie. Là, ça laisse quand même entrevoir les prémisses d’un explorateur averti ! Croyez-nous, le bougre ne s’arrêta pas en si bon chemin.

L’année 1815 le conduisit en Égypte, qui deviendra sa terre promise. Le breton va y mettre à jour des pans entiers d’une époque oubliée.

Le premier breton qui passa les cataractes

Non, ce ne fut pas Astérix et Obélix mission Cléopatre.

C’est tout d’abord non loin de la perle de Méditerrannée, que Cailliaud trouva faveur près de Mohammed-Ali (Méhémet-Ali). Pas le boxeur bien entendu, mais le pacha de l’époque !

Mission Cataracte

Mission Cataracte

Comme celui-ci avait l’air un peu flemmard sur les bords, il le chargea de parcourir les déserts qui bordent les deux rives du Nil, afin de faire quelques découvertes. Le type a quand même attendu qu’un petit breton se farcisse pas moins de 4 941 km (source Google Map bien entendu, nous savons vérifier nos infos !) avant de léguer cette mission.

Il pénétra dans la Nubie jusqu’aux dernières cataractes et explora les monuments qu’on y trouve.

Interlude culturelle ! J’ai moi aussi été tricher sur mon pote Google (décidément) pour connaître la définition exacte de « cataracte »… Cela va vous faire gagner du temps :

« Importante chute d’eau sur le cours d’une rivière. » Synonyme : chute

Et pour ceux ayant auparavant le nom féminin en tête : félicitations vous remportez toute notre estime.

Le Nil n’était là qu’une partie de sa tâche et le grand désert de la rive Ouest l’attirait (L’exploration de l’Afrique). Comme quoi ça ne s’invente pas, la côte Ouest !

Pour notre aïleul, le Nil fut véritablement un long fleuve tranquille. Lui donnant bonne fortune de retrouver non loin du Mont Zabarah les légendaires mines d’émeraude. Qui furent exploitées dans l’antiquité égyptienne et source de revenus pharaoniques pour les… Pharaons justement. Malheureusement pour le fameux pacha en place, remettre les mines en activité était impossible car non rentable.

Cailliaud les retrouva telles qu’elles étaient au moment où les travailleurs les avaient abandonnées sous les Ptolémées.

Interlude culturelle numéro deux :

« La dynastie des Lagides ou dynastie des Ptolémées (ou ptolémaïque) est une dynastie pharaonique, issue du général macédonien Ptolémée »

Si vous aviez celle-ci vous remportez une gommette en forme de pyramide, bravo !

Il perça les secrets de l’exploitation et trouva les instruments dont on se servait. C’est que notre explorateur avait de qui tenir niveau clé à molette.

Armé de son fidèle calepin, il retranscrit dans son carnet de voyage des galeries souterraines atteignant une grande profondeur ; elles étaient assez spacieuses pour permettre à quatre cents ouvriers d’y travailler à la fois.

 En fait Bilbot le Hobbit de Tolkien c’est un peu le Frédéric Cailliaud du Mont Zabarah, mais en plus mainstream.

Le voyageur voulut se donner personnellement le plaisir de continuer l’exploitation et réunit jusqu’à dix livres d’émeraudes. Un tantinet bigouden l’Indiana Armoricain !

La fascinante odyssée de Monsieur Cailliaud

Pendant tous ses voyages, Cailliaud prit le plus grand soin de faire des observations géologiques et minéralogiques, de décrire les moeurs des pays, de dessiner les costumes, de dresser un itinéraire avec des cartes.

Dessin roi de Nubie par Frédéric Cailliaud

Dessin roi de Nubie par Frédéric Cailliaud

Quand il revint en France, son carnet de voyage était très complet pour l’époque. Ce continent était l’inconnu pour nous autres européens. Plus incroyable, il ramena une collection considérable d’antiquités achetées sur les lieux, principalement à Thèbes. Le tout fut acquis par le ministère de l’Instruction Publique puis publié comme une suite du grand ouvrage de la commission d’Égypte.

Riche de ses expéditions le gouvernement français ne tarda pas à mandater Cailliaud en février 1819, il est alors âgé de 32 ans. Il conduira une mission scientifique près des Oasis et sous la protection du pacha. Le mec pesait pas mal au pays des bâtiments pointus !

Des mois durant il parcourra les déserts, allant de Syouah à Falafré, de Dakhel à El-Khargeh. Quoiqu’il ne fut pas un égyptologue de profession (car Champollion n’était pas encore faite), notre désormais enraciné d’adoption copia une foule d’inscriptions et rapporta des monuments de toute sorte. Il sera celui à rapporter une des premières momies.

Interlude culturelle numéro trois :

« Jean-François Champollion dit Champollion le Jeune, est un égyptologue français. Il fut le premier à déchiffrer les hiéroglyphes, il est considéré comme le père de l’égyptologie. »

Ça peut toujours faire une bonne anecdote à ressortir à ses collègues de taff, ou lors d’un dîner mondain !

Pyramides de Méroé la cité antique

Pyramides de Méroé la cité antique

L’ensemble de ses exploits et découvertes seront récompensés en 1824 par Charles X en personne, il devint alors chevalier de la Légion d’honneur à 37 ans… Si ça ce n’est pas la classe ?

De retour dans sa ville natale il se tourne vers l’histoire naturelle et en particulier sur les mollusques (le taret) qui perforent les coques en bois des navires.

De là il ne s’aventura plus dans des contrées d’outre-tombe et y vécut paisiblement dans les fonctions de conservateur de musée au Muséum d’histoire naturelle de Nantes.

Sage d’une vie pleine d’actions et de voyages, il y mourut le 1er mai 1869.

Si l’envie attise votre curiosité, vous pouvez retrouver ses manuscrits et vivre pleinement ses découvertes dans les ouvrages ci-dessous :

Et vous les bretons, vous aimez voyager dans quel coin du globe ?

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Simon

Simon est le capitaine qui aime jouer avec les mots. Après ses études dans le commerce et les finances il conserve cette attirance pour les joutes verbales. Curieux et engagé, il a toujours son avis à donner. Sa philosophie est simple, mieux vaut danser sous la pluie plutôt que d'attendre le soleil.