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Excursions
05 octobre 2015

L’effet Glénan, perle du Finistère sud

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C’est encore l’aurore et le rayonnement du soleil répond présent depuis belle lurette. L’imposante vibration de mon smartphone le fait danser sur la table et laisse apparaître le nom d’un bon compagnon de route. À peine le temps de décrocher puis d’échanger nos salutations matinales que le camarade me lance le plus naturellement du monde :

« Ça te dit une virée aux Glénan ? Départ à 10h00 depuis Concarneau »

L’appel de l’archipel

J’esquisse un sourire et remercie dans ma tête le sage qui a dit un jour que l’avenir appartenait à ceux qui se lèvent tôt. S’en suivi une réponse affirmative à l’attention du capitaine avant de raccrocher aussi sec pour préparer l’attirail du jour. L’horloge elle, me nargue du haut de ses 9h30.

L’excitation d’une journée pleine d’aventure s’invite au moment où je descends le ponton, derrière la Ville Close. Le zodiac est déjà à l’eau et les copains au branle-bas de combat me dévisagent d’un air amusé… je suis bon dernier ! La position du soleil dans un ciel sans nuages indique le milieu de matinée, les conditions sont idéales pour voguer avec entrain vers notre terrain de jeux. Puisque nous sommes jeunes et téméraires le t-shirt est de mise dans le bateau, le vent frontal lui… est un beau salaud !

Dame nature : 1, les bons copains : 0.

Comme des enfants dans l’eau

Quelques grelottements plus tard nous accostons sur la plage de l’île du Loc’h :

« Bonjour Monsieur Bolloré. »

Trêve de politesse, la moyenne d’âge de notre troupe à beau approcher le quart de siècle, d’extérieur nous retombons vers une époque plus insouciante. Seulement voilà, on s’en fiche il n’y a pas un chat sur l’archipel : nous sautons et courons les bras tendus partout comme si nous étions dans un chef-d’oeuvre de Hayao Miyazaki. Les raquettes répondent présentes, on sort Wilson (notre inséparable ballon de volley) pour dévaler le sable chaud à dose de smashs.

Pas très loin, l’école de voile des Glénans (oui eux ce sont des forbans alors ils rajoutent un « s ») doit nous prendre pour des illuminés, les veinards peuvent profiter du micro-climat chaque jour que le soleil fait !

Midi, notre astre tant convoité est au zénith et les plus irlandais d’entre nous (dont moi) sont déjà à leur troisième couche de crème solaire, parce que même en Bretagne : ça tape !

Le pâté Hénaff s’étale sur le pain frais du matin, les effarés que nous sommes apprécient le moment en silence face à un archipel aux eaux opalines. Bon d’accord, nous sommes à fond dans le cliché breton digne d’une pub de fromage fouettée de Madame Loïk… Disons que nous avons voulu être rapides et efficaces. C’est qu’il faut le mériter ce calme au paradis !

Pendant que certains activent le mode farniente sur les serviettes, d’autres enfilent les combinaisons pour aller côtoyer l’incroyable faune et flore sous-marine environnante. Le temps de prendre le bateau pour se décaler de la zone protégée Natura 2000 et les fonds marins deviennent un nouveau territoire à découvrir. Le butin du jour ? Une vieille (qui est un poisson et non pas autre chose !) dont la couleur orange laisse penser à celui d’un coucher de soleil. Cela nous donnera l’occasion de cuisiner un carpaccio de vieille plus tard. Ne voyez là aucune blague de mauvais goût ! Au contraire c’est un régal pour les papilles.

Le bijou du Finistère sud

D’ailleurs en parlant de ce jardin d’Éden : c’est comment exactement les Glénan ?

« Une douzaine d’îles, l’eau la plus claire de Bretagne, un lagon turquoise à l’abri du vent, une plage paradisiaque au sable blanc étincelant, une nature intacte… Il vous faut quoi encore ? Juste une heure de bateau, dépaysement assuré !

Prenez le large, cap plein sud ! A une quinzaine de km de la côte, rejoignez St Nicolas pour une journée féerique.

L’île est au centre d’un site classé, Natura 2000, la faune et la flore y sont particulièrement protégées et l’archipel fait même actuellement partie d’un programme plus vaste : Natura 2000 en mer de la Pointe de Penmarc’h à la Pointe de Trévignon.

On ne peut que comprendre, cette règlementation qui vous demande par exemple de rapporter tous vos déchets à terre, de ne cueillir aucune fleur, d’emprunter le platelage en bois et de garder votre compagnon à 4 pattes en laisse, pour que ces îles conservent à jamais leur biodiversité incomparable. Du fameux Narcisse des Glénan, unique au monde dont la réserve est en fleur sur l’île Saint-Nicolas uniquement quelques semaines en avril, en passant par la discrète Petite Bourrache du littoral ou le magnifique Chardon bleu, qui resplendit de ces couleurs en plein été… on ne sait plus où poser les yeux…

Les oiseaux marins vous guettent sur les îles et les îlots ainsi que sur la multitude de roches environnantes qui font de ce paysage des Glénan, un lieu unique avec une diversité paysagère incomparable et inoubliable… que le ciel soit bleu, nuageux ou sombre, le blanc du sable et les hôtes ailés, la multitude de goélands, Huîtriers pie et le très rare Gravelot à collier interrompu vont définitivement vous séduire.

Quand en plus les bateaux du mythique Centre Nautique des Glénan, sillonnent dans la Chambre, toutes voiles dehors, vous verrez que le soir vous aurez du mal à quitter l’île… »

Source : tourisme-fouesnant.fr

Puisque ces quelques lignes ne suffisent pas à matérialiser la beauté de l’archipel, voici de quoi vous rendre sur place en un seul clic (grâce à Forban Photographie).

L’effet Glénan

Seulement, même dans ce lieu idyllique, il arrive qu’une saison puisse succéder à une autre au cours d’une même et unique journée. Pour nous cette fois là, le ton grisonnant nous força à plier bagages aux alentours de 18h00.

Notre désillusion de ce jour fut de courte durée puisqu’une surprise de taille nous attendait sur le chemin du retour. Les plus chanceux sont les plaisanciers qui, comme nous, jouissent d’une escorte royale dans les eaux nacrées de l’archipel. Nous voilà une énième fois retombés en enfance lorsque se pointèrent les ailerons des dauphins ! Ils sont là, jouant avec les vagues de notre zodiac, nous regardant du coin de l’oeil avec un air malicieux.

Pendant ces quelques minutes d’émerveillement, nous en oublions même le ciel devenu menaçant au-dessus de nos têtes. Mais c’est cela aussi le charme de ces îles, cet aspect imprévisible, qui nous laisse spectateur devant le côté sauvage de ce lieu. En bon visiteur qui se respecte nous laissons nos princes de l’ordre des cétacés derrière, au profit d’un horizon plus terrien.

Il vente toujours autant, l’air est humide et nos pieds foulent le sol concarnois. Mon esprit lui est encore au large, c’est sans nul doute ça « l’effet Glénan ».

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Simon

Simon est le capitaine qui aime jouer avec les mots. Après ses études dans le commerce et les finances il conserve cette attirance pour les joutes verbales. Curieux et engagé, il a toujours son avis à donner. Sa philosophie est simple, mieux vaut danser sous la pluie plutôt que d'attendre le soleil.